On sait tous que la réalité dépasse de loin la fiction. L'imagination de nos auteurs de polars, thrillers et autres romans noirs a beau être fertile, elle n'atteindra jamais le niveau de celle qui pollue d'infâmes intentions l'esprit confus des assassins qui parcourent, non pas nos pages, mais nos rues. Il est inconcevable de sous-estimer la cruauté humaine, qui ne connait ni fins, ni limites. Car quand on sait que des hommes (peut-on encore les appeler ainsi?) ont été capables des pires horreurs, comme par exemple, jouer aux fléchettes avec pour cible la tête tranchée d'un proche (Edmund Kumper), violer, tuer (ou encore mieux, tuer puis violer), cuisiner et déguster d'autres hommes (Dahmer), fabriquer des vêtements avec les corps en décomposition (Ed Gein), tuer, dépecer et manger des enfants, torturer avec une sauvagerie inégalée des nuits entières (Gacy), on rigole doucement en lisant les thrillers les plus morbides. Et quand on sait que ces hommes ne tuent pas une, deux, trois ou quatre personnes, mais parfois des centaines, quand on sait qu'ils sont généralement parfaitement intégrés à la société, qu'ils ont même parfois une famille, un chien et un break, quand on sait qu'ils ont souvent une intelligence au dessus de la moyenne, qu'ils sont parfois beaux et très cultivés, quand on sait qu'ils n'éprouvent aucun remord et que quoi que vous leur fassiez, ils recommenceront encore et toujours, alors on se retourne souvent dans la rue et on se demande si on connait vraiment notre voisin ou notre ami.
C'est justement tout l'objet du livre (qui se lit comme un roman, mais qui n'est pas une fiction) de Ann Rule, Un tueur si proche. Elle parle avec sincérité de son ami Ted Bundy jusqu'à ce qu'elle apprenne que ce même ami est en fait cet immonde tueur en série qui terrorise l'Amérique. Elle n'y a pas cru au début. Elle y a été obligée par la suite. Ted Bundy est l'exception qui confirme la règle. Un tueur en série qui a tout pour ne pas en être un, qui a tout pour dissimuler sa véritable identité, celle d'un monstre dépourvu de tous sentiments humains, à l'âme aussi vide qu'un puits sans fond.
En lisant ce livre, on comprend que Ted Bundy est peut être l'un des personnages les plus complexes de ce siècle. Il est si intelligent et malin qu'il a réussi plusieurs évasions, il est si beau que les plus belles filles (ses futures victimes) volettent autour de lui comme des mouches sur de la merde, il est si charismatique qu'il obtient ce qu'il veut en un claquement de doigts, il est si cruel qu'il aurait tué sauvagement une centaine de femmes.
Dans ce livre l'auteur nous parle de l'ami, de l'homme doux, gentil, mais aussi du monstre qui se tient de l'autre coté du miroir, complètement invisible et presque invincible.
"Je ne me sens coupable de rien...je plains ceux qui se sentent coupables, je suis un salopard sans pitié" Ted Bundy.
Il faut admettre que la fiction fait pâle figure à coté des exploits de nos meilleurs tueurs. Si vous avez le cœur fixé au fer et bien harponné au fond de votre poitrine et que vous voulez pénétrer plus en avant dans les profondeurs d'un monde abominable, un monde qui abrite la pire des espèces, j'ai une tripotée d'ouvrages à vous conseiller.
Commencez par Le livre noir des serial killers et Serial Killer : Enquête sur les tueurs en série de Stéphane Bourgoin, grand spécialiste reconnu des tueurs en série.
Ma vie avec les tueurs en série d'Helen Morrison, profiler américaine.
Ensuite, pour essayer vainement de comprendre d'un point de vue scientifique, je conseille l'ouvrage de Raymond Gassin, Criminologie.
Enfin, pour survoler facilement le champ des sciences criminelles, je conseille Le dictionnaire des sciences criminelles, sous la direction de Gérard Lopez.
"Vous me demandez ce qu'un tueur ressent quand il traque sa proie? C'est difficile à dire. Comment vous expliquez le goût de certaines choses...comment décrire le goût d'une quiche ou d'une bouillabaisse?" Ted Bundy



je crois que je vais déménager..
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